Série d’interviews sur l’ADVP : Catherine Chaussade, conseillère en insertion professionnelle

L’ADVP (Activation du Développement Vocationnel et Personnel) est une méthode d’origine canadienne, permettant d’aider l’individu à explorer ses compétences, ses savoirs ainsi qu’à développer ses capacités d’orientation professionnelle.
C’est une démarche éducative qui permet à la personne accompagnée d’acquérir méthode, connaissances, habiletés et attitudes nécessaires aux choix et aux décisions qu’elle sera amenée à prendre et à mettre en œuvre.

L’ADVP est ainsi utilisée dans les stages d’orientation et d’insertion proposés par Pôle Emploi, les Missions Locales, et plus généralement tous les dispositifs ayant pour mission de faciliter l’insertion professionnelle de populations jeunes et adultes.

Trois professionnels de l’accompagnement, vont nous faire partager leur propre expérience de cette méthode et nous dire de quelle manière ils se la sont appropriée.
Nous commençons cette série d’interviews par Catherine Chaussade, conseillère en insertion professionnelle (Accompagnatrice SNC Groupe Annecy ).

Catherine, pourriez-vous nous dire quelle place occupe aujourd’hui l’ADVP dans vos accompagnements ? L’utilisez-vous de manière occasionnelle ou bien quasi systématiquement ?
J’utilise systématiquement la méthode ADVP dans le cadre de mes accompagnements. Au début bien sûr, pour repérer à quelle étape de son cheminement personnel la personne se trouve. Mais aussi en cours de travail, lorsque le projet professionnel avance et que des repositionnements sont nécessaires.

Avez-vous été formée à cette méthode ? Combien de temps faut-il d’après vous pour arriver à se l’approprier ?
J’ai été formée à la méthode ADVP en 2005 par l’Association « Trouver-Créer ». Je travaillais alors à l’Université de Versailles St-Quentin Yvelines au SCUIO (Service Commun Universitaire d’Information et d’Orientation). J’ai donc mis cette méthode en pratique immédiatement puis, dans la même université, en tant que chargée de mission insertion professionnelle.
J’estime qu’il faut une bonne année pour s’approprier cette approche. La difficulté ne réside pas, pour moi, dans l’acquisition des outils techniques, mais bien plutôt dans la « philosophie » de cet accompagnement qui demande au conseiller de repérer l’étape de réflexion ou d’accomplissement où se trouve la personne.

Pour quels types d’accompagnements y avez-vous recours ?
Actuellement, j’accompagne bénévolement et en binôme (deux accompagnateurs) des chercheurs d’emploi pour l’association Solidarités Nouvelles face au Chômage (SNC).

La mise en œuvre de cette méthode requiert la maîtrise d’un certain nombre d’outils ou de programmes existants  développés principalement dans des ouvrages tels que « Chemin faisant 1 et 2 », « le Projet sans la Plume », « Chemin faisant recherche d’emploi », quels sont ceux que vous utilisez le plus ?               J’utilise le premier tome de « Chemin faisant ».
L’association SNC a son propre plan de formation, adapté à la spécificité de l’accompagnement SNC : le binôme. J’utilise de ce fait les séquences individuelles, « transférables », du livret, qui s’adaptent aux formations SNC.

 Le bilan personnel et professionnel :
        – 3.1 à 3.6
        – 3.8
        – 3.11 (sur plusieurs rencontres)
Traduction en cibles de métiers :
       – 4.3 et 4.4
Validation, décision :
     – 5.2 (non transférable mais séquence qui peut être effectuée par les enquêtes terrain)
    – 5.3 à 5.6
Plan d’action et obstacles à lever :
   – 6.1
  – 6.3 (non transférable mais séquence effectuée avec le binôme ou une personne extérieure)

Pouvez-vous nous décrire une séance au cours de laquelle vous utilisez cette méthode ?                                                                          Dans le cadre actuel de SNC, je n’élabore pas de séance de travail proprement dite. C’est au cours des rencontres que j’identifie à quelle phase la personne se trouve : Est-elle encore en phase d’exploration ? A-t’elle déjà avancé sur ce processus avec d’autres conseillers (Pôle-emploi, cabinet de recrutement…), est-elle alors passée à l’étape suivante, c’est-à-dire commence-t-elle à mettre de l’ordre dans l’ensemble des informations qu’elle a recueillies ? …
Je l’utilise cependant bel et bien. Par exemple, avec une jeune femme titulaire d’un Doctorat en Histoire contemporaine soutenu en 2005, qui travaille depuis comme hôtesse dans un restoroute tout en continuant un travail de chercheur indépendant sur l’histoire antique, et qui souhaite aujourd’hui trouver enfin un travail qui corresponde au mieux à son cursus et à ses aspirations.

–  6 rendez d’environ 2h chaque (effectués en binôme d’accompagnateurs) + travail personnel de la personne.

     Identification de l’identité professionnelle : « Je suis historienne » (mais je ne veux pas enseigner, ni être enseignant-chercheur) : outils de bilan personnel et professionnel, travail sur les centres d’intérêt, les valeurs, les motivations.
   Phase d’exploration : élargir son champ de recherches sur les métiers en relation avec son cursus (documentaliste, bibliothécaire, archiviste, journaliste…), s’imaginer accomplissant ces métiers (pas d’outils spécifiques : verbalisation).
  Phase de cristallisation : faire le tri pour ces métiers, et confronter les représentations métier au réel : enquêtes terrain, recherche de documentation.
   Phase de spécification : hiérarchiser et aboutir enfin à un choix : licence pro de documentaliste.

Parallèlement, nous (les accompagnateurs) avons encouragé la démarche réseau et la personne a poursuivi son travail de chercheur indépendant.
Actuellement, tout en travaillant sa licence pro « Documentaliste » via le CNAM, elle a refondu son CV pour postuler sur des missions de « médiatrice culturelle », faisant ainsi le lien entre sa formation, sa formation en cours et son travail de chercheur.
La phase de réalisation n’est pas encore aboutie.

Pouvez-vous nous dire quels en sont les bénéfices pour les personnes accompagnées ?
A l’évidence, acquérir la capacité de faire un choix, qui relance la dynamique de la personne, qui se trouve souvent dans un état d’attente et de confusion.

Quelles sont d’après vous les limites de cette méthode ?
Cette méthode peut s’appliquer à tous les profils de demandeurs d’emploi. Elle permet d’ailleurs de valider à quel moment l’accompagnement ne sera plus utile, parce que la personne a des difficultés psychologiques trop importantes et que sa prise en charge relève du coaching, du psychologue, ou d’autres institutions. Je pense que c’est la seule limite.
Tout observateur transforme le terrain sur lequel il travaille.
Il est important de laisser le plus possible la main à la personne concernée
.

La semaine prochaine nous publierons l’interview d’Antoine Gandilhon, formateur et consultant en transitions professionnelles.

N’hésitez pas à réagir en laissant vos commentaires.

3 réponses à “Série d’interviews sur l’ADVP : Catherine Chaussade, conseillère en insertion professionnelle

  1. Conseillère emploi au sein d’un prestataire de Pôle emploi, formée à l’ADVP en 2012, je confirme la pertinence de cette méthode grâce à laquelle est obtenu de très bons résultats.
    Le bénéficiaire est acteur de son orientation et non plus spectateur.
    J’utilise cette méthode pour la prestation CPP (confirmer le projet professionnel) et les demandeurs d’emplois sont 100% satisfait.

    que l’on ne me parle plus des logiciels, pass’avenir, transférences ou horizon… vive l’advp!

  2. Bonjour, j’aurais aimé savoir où il était possible de se former à l’ADVP
    en Île de France à un tarif avantageux.
    Merci d’avance

  3. Juste un petit mot pour répondre à Céline LAURENS.
    L’ADVP est une méthodologie adaptée au travail sur le projet professionnel, Transférence et Pass Avenir sont des outils tout à fait adaptés à des étapes de la méthodologie ADVP.
    Je suis formatrice et conseillère emploi dans l’insertion et j’utilise Pass Avenir autant que Transférence dans les étapes « exploration » de l’ADVP.
    De plus, Pass Avenir et Transférence sont des outils à utiliser après une formation, et c’est là que l’on se rend réellement compte de l’ampleur de l’aide qu’ils peuvent fournir aux demandeurs d’emploi, stagiaires autant qu’au conseillés et formateurs pour mieux les accompagner.
    Bien à vous.
    Nathalie LABASOR

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