Pour la Cravate Solidaire, l’habit ne fait pas le moine mais il y contribue

La Cravate Solidaire repose sur une idée simple : l’habit ne fait pas le moine mais il y contribue, c’est pourquoi chaque personne qui passe un entretien d’embauche devrait pouvoir porter des vêtements dans lesquels elle se sent bien et qui l’aideront à gagner en crédibilité face aux recruteurs. Car l’apparence physique reste l’une des premières sources de discrimination à l’embauche. Pourtant, il suffit de regarder le prix d’un costume ou d’un tailleur de qualité, qui s’élève parfois à plusieurs centaines d’euros, pour comprendre qu’ils restent, pour beaucoup, un luxe inaccessible.

C’est cette constatation qui a motivé Jacques-Henri Strubel, Nicolas Gradziel et Yann Lotodé, les trois fondateurs de La Cravate Solidaire, à imaginer un concept qui leur permettrait de donner gratuitement des tenues professionnelles aux demandeurs d’emploi qui en ont besoin. Ils récupèrent leurs premiers vêtements en 2012, alors qu’ils sont encore étudiants en école de commerce. Il n’est pas facile de jongler entre vie étudiante et vie de l’association, mais ils arrivent malgré tout à monter leurs premiers ateliers à l’occasion d’une rencontre pour l’emploi organisée par la mairie de Joinville-le-Pont.

Tout s’emballe en 2013 lorsque La Cravate Solidaire est remarquée par les médias. Jacques-Henri, Nicolas et Yann, qui viennent de terminer leurs études, décident alors de se consacrer à temps plein à la création de l’association. Ils démarchent alors les membres de leur réseau mais également des grandes entreprises françaises et réussissent  à récolter des kilos de vêtements professionnels. Cette première étape réussie, il ne reste plus qu’à trouver des bénévoles motivés et des partenaires associatifs solides.

Une insertion ou une réinsertion professionnelle réussie est un succès collectif qui repose avant tout sur une chaîne d’acteurs, entre associations, entreprises privées et organismes publics. Les fondateurs de La Cravate Solidaire l’ont bien compris et ils décident tout de suite de s’entourer de spécialistes pour faire le lien avec les demandeurs d’emploi dans le besoin et leur assurer le meilleur suivi. La Mission Locale de Paris ouvre la marche en 2013, suivie depuis par d’autres comme Aurore, La Mie de Pain ou encore l’Ecole de la 2ème Chance. Les associations sélectionnent parmi leurs bénéficiaires ceux pour qui une participation à un atelier est pertinente et transmet ensuite aux équipes de La Cravate Solidaire une liste. Pour chacun, le projet professionnel est détaillé car l’atelier est personnalisé.

Dès la première année, la Cravate Solidaire a habillé plus de 200 demandeurs d’emploi. Et leur soutien ne s’arrête pas à la remise d’une tenue. Car les ateliers sont animés au moins par un conseiller en image et un spécialiste en ressources humaines. Ensemble, ils  travaillent sur la présentation physique du candidat mais aussi sur tous les autres aspects d’un entretien d’embauche, depuis son CV jusqu’à la description orale détaillée de son projet professionnel ou la préparation au jeu des questions-réponses avec le recruteur.

En juillet dernier, La Cravate Solidaire a été repérée par le gouvernement qui l’a sélectionnée dans le cadre du projet « La France s’engage ». Ses fondateurs entendent bien profiter de ce tremplin pour développer des antennes dans les régions où le chômage fait rage. Aujourd’hui, ils restent à la recherche de nouveaux partenaires travaillant dans l’insertion professionnelle et partageant les mêmes valeurs. A bon entendeur…

+ d’infos : www.lacravatesolidaire.org

2 réponses à “Pour la Cravate Solidaire, l’habit ne fait pas le moine mais il y contribue

  1. Denis-Michel Brochet

    Bonjour,
    Merci pour cet article très intéressant, qui nous montre bien, alors qu l’on croit que tout a été inventé, qu’il y a toujours des projets originaux à mener, sous réserve d’avoir l’idée de départ, un groupe de personnes soudées qui font avancer les choses, des conseils extérieurs et des opportunités (qu’il faut savoir saisir).

    A propos de l’apparence et de l’habit, je reprendrais ici la boutade de l’un de mes formateurs :
    « l’habit ne fait pas le moine mais permet de rentrer dans l’abbaye ».

    Il dit aussi qu’il faut être soi-même et cohérent, notamment entre notre personnalité et les codes comportementaux, linguistiques et vestimentaires (les nôtres et ceux de l’entreprise…)

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