Embauches : les entreprises ont trouvé un bon moyen de rapprocher offre et demande

Sources : Les Echos.fr

La préparation opérationnelle pour l’emploi lancée en 2011 par Pole emploi atteint un taux d’embauche de 80 %.•Plusieurs branches professionnelles profitent du dispositif pour recruter des profils difficiles à trouver.

Personnel d’étage, boucher, poissonnier, chaudronnier, conducteur d’engins, dresseur de cheval, agent d’accueil en déchetterie. Des métiers difficiles à pourvoir, il en existe encore beaucoup en France. « 250.000 annonces d’emploi ne trouvent par preneur », affirme Jean Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CGPME. La confédération ne manque pas une occasion de vanter la préparation opérationnelle à l’emploi (POE) qu’elle a promu dès son lancement fin 2010. La présidente du Medef, Laurence Parisot, saluait aussi l’an dernier dans nos colonnes l’efficacité du dispositif.

Deux ans, après, le bilan est en effet très positif selon les entreprises. Elles ont trouvé là le moyen d’occuper des postes offrant peu de candidats adaptés, en toute sécurité. Ce processus de formation s’adresse aux entreprises recrutant en CDD (12 mois), en CDI ou en contrats de professionnalisation-apprentissage.

Le dispositif est déclenché selon deux modes. Dans la POE individuelle, Pôle emploi y recourt lorsqu’aucun candidat adapté ne satisfait directement les annonces d’emploi déposées par une entreprise. Pour réduire l’écart de compétence, Pôle emploi et l’entreprise proposent alors à un ou plusieurs candidats une formation (400 heures maximum) subventionnée. Le candidat reçoit une aide financière durant la formation. A 80 %, l’entreprise signe un contrat d’embauche à l’issue de la POE. Dans 20 % des cas, les candidats choisissent une autre voie ou ne satisfont pas l’employeur.

L’autre mode est la POE collective. Les organismes paritaires de collecte de fonds de formation s’appuient sur les observatoires des branches professionnelles pour identifier les métiers dans lesquels il existe des besoins de recrutement. Les organismes peuvent dorénavant utiliser une partie de leurs financements, avec le concours du fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels pour enclencher des formations en partenariat avec Pôle emploi pour des groupes de personnes, avec un taux d’embauche important attendu par leurs entreprises adhérentes.

Une douzaine d’organismes paritaires ont déjà pris cette initiative. Le secteur des travaux publics par exemple envisage de lancer une campagne sur 2.000 personnes en prévision de la montée en puissance des chantiers TGV Tours-Bordeaux et Bretagne-Pays de Loire.

Un dispositif méconnu par 4 entreprises sur 5

Chez Pôle emploi, la responsable du dispositif Francoise Querité estime que la POE est maintenant bien installée. En 2012, presque 14.000 personnes ont réalisé une telle démarche individuelle contre 10.000 l’année précédente. Environ 20.000 demandeurs d’emploi ont aussi profité d’une démarche collective.

Pour Françoise Quérité, le dispositif peut encore se développer à condition d’être mieux diffusé, en particulier dans les PME et TPE. Ce que vient de confirmer l’enquête annuelle de conjoncture réalisée par l’organisme paritaire de collecte de fonds de formation Opcalia. La POE resterait peu connue de 4 entreprises sur 5 interrogées.

Eric de Maria, directeur emploi-formation de l’UIMM, résume ses vertus. « C’est gagnant-gagnant. Les outils de Pôle emploi comme les méthodes de recrutement par simulation testent la motivation et les compétences du demandeur d’emploi. Ensuite, la POE lui donne les bases du métier. L’employeur a la garantie que celui qui signe le contrat de professionnalisation a un projet professionnel stable. »

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